Un Anglais à Grasse
Une promenade autour du Cours Honoré Cresp
Si vous n'avez qu'une demi-heure à consacrer à Grasse, vous pouvez découvrir une grande partie de l'histoire de notre ville en faisant simplement le tour de cette grande place, située juste au-dessus du parking du même nom.
Le Cours se situe juste devant l'ancienne Porte Royale, l'une des principales portes de Grasse, au début de la rue Ossola, point d'entrée de nombreux visiteurs dans la vieille ville. Lieu de rencontre depuis des siècles, le Cours était initialement appelé Place de la Rouguière. À partir de 1698, il était délimité par la Porte à l'est et l'hôpital de la Charité à l'ouest. En 1787, il fut agrandi par l'intégration de l'ancien jardin du Château Théas (voir ci-dessous). Il a toujours accueilli des manifestations politiques, commerciales, théâtrales et musicales, et a également servi de lieu de rassemblement et de promenade pour les Grassois.
Elle a acquis ses dimensions et son nom actuels en 1906, lors de la démolition de l'hôpital. Le maire de l'époque, Honoré Cresp, a alors supervisé la création de l'espace pavé et de la balustrade que l'on peut admirer aujourd'hui. Voici ce qui, à mon avis, constitue le point d'intérêt le plus remarquable.
Les liens en surbrillance mènent à mes blogs. Une carte* indique certains des lieux mentionnés . Vous pouvez également télécharger cette page au format PDF ici si vous le souhaitez.

Commencez ici, au début de la rue Ossola, juste en face de l'entrée du parking. Vous vous trouvez au début de la rue principale de Grasse, à l'emplacement de la Porte Royale démolie en 1897. Montez légèrement la rue en laissant le Café des Musées sur votre droite, et…

Vous verrez cet escalier. Regardez la petite plaque sur le mur. Elle commémore trente malheureuses victimes de la guillotine pendant la Révolution, lors d'une brève période en 1793-1794 où Grasse était la principale ville du Var. Vous trouverez plus d'informations sur Grasse pendant la Révolution sur mon blog, ici.
Montez les marches.

En haut des marches, regardez à droite. Le 2 mars 1815, vous auriez aperçu, depuis les remparts, le petit cortège des Cent-Jours de Napoléon, de retour à Paris puis à Waterloo. Vous trouverez quelques informations sur le passage de Napoléon à Grasse dans mon article ici. L'imposant bâtiment jaune sur la droite abrite aujourd'hui le Musée International du Parfum, mais Pauline, la sœur préférée de Napoléon, y a passé l'hiver 1807-1808. J'ai écrit un article sur ses activités à Grasse ici.

Avant de poursuivre, levez les yeux. Ces deux élégants bâtiments font désormais partie du campus de Grasse, mais de 1845 à 1995, celui situé derrière les palmiers abritait le Palais de Justice. Avec le bâtiment suivant, visible sur la gauche, ces trois édifices formaient une véritable chaîne de production. Le bâtiment de droite était la Gendarmerie, celui du milieu le Tribunal et celui de gauche, comme par hasard, la Prison !

Avancez de quelques mètres et descendez les quelques marches sur votre gauche. Devant vous se dresse le mémorial dédié à Jean-Honoré Fragonard, sans doute le plus illustre enfant de Grasse, le grand peintre du XVIIIe siècle. Fils de gantier, il n'avait aucun lien avec les parfumeurs du même nom, comme je l'explique dans un article ici.

Éloignez-vous maintenant de la statue et longez la petite place (appelée la Clavicorde). Le bâtiment sur votre droite est le Palais des Congrès et Casino de Grasse. Construit en 1893 dans le style Belle Époque sous le nom de « Casino des Fleurs », il était destiné à divertir et à exploiter la riche clientèle hivernale de Grasse, composée d'étrangers et de Parisiens. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Au bout du Clavicord, prenez les marches à gauche et traversez la route pour rejoindre le Cours. En restant à droite, continuez tout droit, en laissant le kiosque à musique sur votre gauche et un petit café sur votre droite.

…et vous verrez une fontaine (malheureusement sans eau). Véritable vestige de la Révolution, elle arbore des slogans de propagande tels que « Défense de la Patrie », qui évoquent les régimes fascistes et communistes. J’ai déjà parlé de cette fontaine et d’autres fontaines de Grasse ici.

À côté de la fontaine, mais face à votre point de départ, se trouve un lutrin (un panneau d'affichage) reproduisant une magnifique peinture de Raoul Dufy représentant le Cours, avec vue sur la vieille ville et la cathédrale. Vous trouverez plus d'informations à ce sujet et sur d'autres lutrins dans mon article ici.
En faisant demi-tour pour continuer sur le Cours, vous verrez...

…deux bâtiments. À droite se trouve le château Théas (également connu sous le nom de château Roubaud), une demeure du XVIIIe siècle construite par une famille noble locale. L’espace visible sur la photo constituait autrefois son jardin. L’immeuble d’appartements à gauche a remplacé une autre grande maison, le château Isnard, qui avait été édifiée sur ce même jardin en 1860.

Tournez à gauche, traversez le parking et regardez par-dessus la balustrade. La maison est la Villa Fragonard, où Jean-Jacques Fragonard séjourna chez son cousin pendant douze mois au début de la Révolution et acheva l'une de ses œuvres majeures, Le Progrès de l'amour, aujourd'hui conservée à la Frick Collection de New York. J'explique ici comment elle fut perdue par Grasse.

Suivez la balustrade en direction de la ville jusqu'à apercevoir la statue de l'amiral de Grasse, qui a joué un rôle déterminant dans le sort de l'armée britannique à Yorktown en 1781 et que George Washington a qualifié d'« arbitre » de la guerre d'indépendance américaine. Sa famille était seigneur de Bar-sur-Loup, aux portes de Grasse. Vous trouverez plus d'informations à son sujet dans mon article ici.

Un peu plus loin sur la balustrade se trouve ce point de vue, d'où vous serez récompensé par un panorama spectaculaire s'étendant du Cours jusqu'à la Méditerranée. Pour information, la bande de béton près de la côte est l'aéroport de Cannes-Mandelieu.

Passez devant le panneau « #Grasse » et regardez à nouveau par-dessus la balustrade. Juste en dessous de vous se trouve l'ancienne station supérieure du funiculaire de Grasse, qui, jusqu'en 1938, vous menait directement à la gare depuis l'endroit où vous vous trouvez.

Continuez jusqu'au bout de la balustrade pour admirer la vue sur la vieille ville. Le bâtiment à droite est sans doute la parfumerie Fragonard, la plus célèbre de Grasse, qui conserve encore sa longue cheminée désaffectée. Le clocher de la cathédrale jouxte la tour (actuellement en travaux sur cette photo) de l'ancien palais épiscopal, aujourd'hui transformé en hôtel de ville. Le petit pinacle aux carreaux colorés qui se dresse devant est la chapelle Saint-Thomas, et tout à gauche, au bout de la rue, se trouve la façade de la parfumerie Hugues Ainé, dont la cheminée, vestige de son histoire, est toujours visible.
Si vous tournez à gauche et descendez les marches, vous serez de retour à votre point de départ.
